Life in a Day : et si You Tube révolutionnait le documentaire ?

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Le 27 janvier prochain sera diffusé pour la première fois et sur YouTube, le documentaire Life in a Day. La plateforme de vidéos n’a pas été uniquement choisie pour des raisons purement marketing : elle vient en effet boucler la boucle d’un projet un peu fou.

Life in a Day, produit par Ridley Scott, réalisateur accompli aujourd’hui en panne d’inspiration, a véritablement germé l’été dernier. Son producteur invite alors l’ensemble des internautes à partager leur journée du 24 Juillet 2010 directement sur YouTube. Objectif ? Profiter de la plus grande équipe de tournage jamais mise sur pied pour retracer cette journée depuis les quatre coins de globe. Véritable production cinématographique 2.0, le projet s’avère passionnant sur le papier mais aussi très casse gueule.

Un documentaire qui résonne comme un fantasme. Un fantasme qui verrait collaborer une planète entière sur un projet commun pour en tirer le meilleur. Internet vient ainsi modifier nos méthodes de création pourtant bien ancrées et laisse imaginer l’émergence d’une créativité commune. Pourtant, le projet n’est pas en roue libre : si l’on fait appel à une communauté extrêmement large, on se retrouve finalement avec un réalisateur qui n’a rien d’un amateur : Kevin MacDonald (Le dernier Roi d’Ecosse) vient ici jouer les chefs d’orchestres. Il en ressort alors un véritable paradoxe : tout en invitant à un rassemblement productif très novateur dans sa forme, on ne peut s’empêcher de fixer des limites à cette créativité en apparence débridée en imposant un cadre stricte au projet. Cadre dont on ne sait finalement que peu de choses, si ce n’est que 331 vidéos ont eu le privilège d’être sélectionnées sur les 80 000 proposées.

Une coupe franche donc qui doit en dire long pour certains : le talent n’est pas inné et reste pour beaucoup inaccessible. Le projet a en revanche de réjouissant qu’il rappelle que ce même talent peut venir de n’importe où. C’est en cela qu’il est passionnant, tant il constitue l’une des plus belles utilisations du média sur le papier permettant si ce n’est l’émergence, la mise à contributions d’une population forcement constituée de créateurs au réel potentiel à la recherche d’un début de notoriété. Reste alors à voir comment ce cadre formel leur permettra de se dégager individuellement pour parvenir, pourquoi pas, à aboutir à une création commune que l’on espère à la hauteur de son postulat. Définitivement étrange mais réjouissant.

Notons enfin que ce type de projet collaboratif n’est en qu’à ses balbutiements : c’est Amazon qui s’était également distingué en la matière en ouvrant le premier réseau permettant aux internautes de collaborer, plus librement ici à la création d’un film. Un long-métrage nécessitant du temps avant de voir le jour, on attendra donc pour l’instant le 27 Janvier pour voir s’il peut sortir de YouTube des œuvres d’envergure viables ou bien si internet conditionne ses utilisateurs à ne produire que des vidéos qui lui sont destinées : du contenu souvent court, parfois très imaginatif, la plus part du temps sans suite, généralement cloisonné, le tout noyé dans un flot d’imagines sans intérêts. C’est certain, il y a mieux à en tirer.

Article écrit le à 24 01 2011 at 14 h 14 min et classé dans Buzz, Web. Suivez les commentaires de cet article RSS 2.0 feed. Vous pouvez écrire un commentaire, ou envoyer un rétrolien.

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